En ce début d’année 2016

ALAIN MORISOD

SWEET PEOPLE

En ce début d’année 2016, on dirait que la cote de popularité d’Alain Morisod, toujours flanqué de ses inséparables SWEET PEOPLE, est plus au top que jamais ! Preuves en sont la fidélité des téléspectateurs aux « Coups de Cœur d’Alain Morisod » (18ème saisons) sur la TV Suisse Romande, les salles pleines rencontrées lors de leurs nombreuses tournées, et notamment les traditionnels Concerts de Noël, ou le succès remporté par leurs récentes productions CD et coffrets.

Mais quelle est donc la « recette » (si recette il y a…) de cette fidèle popularité qui défie le temps, de ce succès qui traverse modes et marées en dépit d’une « discrétion » aussi injuste qu’incompréhensible de la part de certains médias ?

Alain Morisod & Sweet People poursuivent leur carrière sans faire de vagues. A l’image de leur musique, où les vraies mélodies se taillent la part du lion, encore et toujours.

« J’aime bien m’investir à fond, et sur plusieurs fronts. Je suis à la fois musicien, compositeur et de plus en plus producteur. On est tous fait de plusieurs. C’est la somme de toutes ces facettes qui font le charme de ce métier… Il n’y a pas qu’un seul Alain Morisod… Quant à la permanence, la continuité, la longévité (appelez ça comme vous voudrez !) elle peut s’expliquer par le fait que me je suis toujours tenu en dehors des modes, du tapage et de l’agitation. Et c’est justement parce que je n’ai jamais couru après qu’elle finira, peut-être, par nous rattraper !
Moi, j’ai toujours fait ce que je devais faire, ce que je savais faire… et regardez aujourd’hui : la nostalgie est partout, elle a tout envahi ! ».

Vous n’aimez pas les effets de mode ?

« Pas vraiment ! Aujourd’hui la hantise des médias, tous confondus, est de rajeunir leur public. Ils souffrent de rajeunîtes aigüe, la maladie du nouveau millénaire. Ils oublient que la jeunesse n’est pas une supériorité, elle est un avantage, c’est tout. Et voilà que les rois de la pub découvrent, ahuris, que finalement on n’est pas forcément mort dès 50 ans ! Que de temps en temps on se lave les dents, on fait la vaisselle, et on achète des voitures et des cosmétiques ! Ils réalisent qu’il y a des millions de gens, pas spécialement abrutis, et qui souhaitent « autre chose ». Cet « autre chose », dont nous faisons partie, n’en déplaise aux programmateurs et journalistes…

Un public formidable, de plus en plus présent et réceptif, sorte d’immense « majorité silencieuse » qu’il ne faut pas sous-estimer, ni surestimer, mais lui parler avec « ses » mots…

C’est ce que fait depuis plus de tente-cinq ans maintenant ce bonhomme anachronique et attachant, qui assume son image populaire en dépit des modes et chamboulements médiatiques.

Alain Morisod & Sweet People ont le mérite de chanter à tous vents ce que les gens aiment tout bas, et que la plupart des ménagères esseulées n’ont toujours pas résolu : pourquoi l’amour ne dure pas toujours, pourquoi tant de haine, pourquoi les gens ne se parlent plus…

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« De toute manière, on chante l’amour, mais comme dans la vie de tous les jours, il y a mille façon de dire « je t’aime » ou de le chanter ! Et pourtant, il se trouve qu’à l’encontre de beaucoup de gens, je vois avec le temps qui passe notre public se fortifier et même augmenter. De plus en plus de jeunes viennent aussi nous écouter, car il n’y a pas qu’une seule jeunesse, comme voudraient nous le faire croire certaines radios, mais plusieurs et qui ne pensent ou ne vivent pas forcément la même chose ».

Mais pourquoi vous aime-t-on autant, et depuis si longtemps ?

« Nous menons une vie sans scandale, on de dit pas de mal des autres, on prend du temps pour les gens que l’on croise dans la rue… On ne me voit pas dans les mondanités à faire le c… ! J’ai aussi appris à la longue que ceux qui vous acclament, il y en a peut-être un tout près à vous dégommer (il se reconnaîtra parmi !).

Vous passez de certains de vos textes, superbes, à la chanson de papa, un peu ringarde…

« Peut être… mais les chansons que la « mémoire populaire » a retenues ne sont pas forcément les plus belles, les mieux construites ou les plus poétiques, ce sont celles qui ont su toucher le cœur des gens ! Quand les gens ont fini de faire la-la-la, ils écoutent le texte, et là, nous les touchons avec ce qui passe par le cœur et les tripes. »

Autre paradoxe avec Alain Morisod & Sweet People: on ne les entend que rarement à la radio, ils ne squattent pas les chaînes de télévision (à part les « Coups de Cœur » !) et pourtant leurs salles sont toujours pleines et leurs disques sont toujours très attendus par leurs fans.

« Un constat que j’assume, parce qu’il correspond à la réalité, mais qui me chagrine. Surtout pour les milliers de spectateurs qui viennent régulièrement, fidèlement assister à nos spectacles et achètent nos disques. Mais ceci explique, peut-être, cela…

Le plus important, le plus difficile dans ce métier, c’est de durer. Tous les artistes, producteurs, animateurs ou programmateurs vous le diront !

Et pour durer, il faut beaucoup d’humilité, de philosophie… J’ai appris très vite que si l’on est humble dans ce métier, on doit continuer de l’être dans la vie. Aujourd’hui, « star », « vedette » sont des termes que l’on galvaude trop facilement. On n’est pas star parce que l’on a vendu 50, 100 ou 200’000 disques ! Je ne dis pas que ce n’est pas bien, je dis que ce n’est « que » 200’000 disques… et souvent qu’une seule fois ! »

Il serait donc temps de rendre à Alain Morisod & Sweet People ce que les branchés et narquois de tous bords leur on trop souvent refusé: un peu d’estime pour un énorme succès populaire. Le grand Léo Ferré lui-même de disait-il pas « Je ne méprise surtout pas les « variétés  » car je sais qu’une chanson qui touche le cœur des hommes et des femmes est forcément « bonne quelque part ». A méditer !

Et si les milliers de spectateurs – ni tout jeunes, ni tout vieux – qui ont assisté à leur concert en 2015 se moquent bien du débat passionné qui déchire depuis toujours foyers et bureaux:

ALAIN MORISOD & SWEET PEOPLE, débiles ou super ? Et il se moquent tout autant que ces artistes n’aient rien inventé, ni musicalement, ni scéniquement: ils étaient là « pour le plaisir ».

Parce qu’on peut aimer la fondue ou le chocolat, même si cela semble plus intelligent d’aimer la cuisine macro !..

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